Comment sécuriser une copropriété ?

Face à la hausse inquiétante des cambriolages et des agressions, sécuriser une copropriété devient un impératif cardinal. Si certaines zones sont plus touchées que d’autres, ce fléau touche toute la France. Il est donc capital de porter sa réflexion en amont. Tour d’horizon des solutions possibles.

Pourquoi sécuriser une copropriété ?

Sécuriser une copropriété répond à trois objectifs précis :

- Entraver les vols dans les logements et annexes des résidents ;

- Empêcher les agressions dans l’enceinte de la résidence ;

- Éviter le vandalisme des parties communes.

Quel système est le plus efficace ?

Avant toute stratégie de sécurisation, l’implication et la motivation des résidents sont essentielles. Sécuriser une copropriété sans obtenir l’adhésion de l’ensemble des habitants est illusoire. L’humain constituant la principale faille d’un système sécuritaire, un seul détracteur peut compromettre l’ensemble du dispositif.

Un travail pédagogique préalable doit être entrepris par le conseil syndical et le syndic auprès de l’ensemble des résidents. Chaque habitant doit s’approprier l’idée pour que la stratégie de sécurisation ait une chance de fonctionner à plein régime.

Le dispositif Voisins Vigilants et Solidaires (VVS)

Objectif : mieux se connaître et se coordonner entre voisins afin de faciliter la détection des comportements suspects et des individus étrangers à la résidence. Une application permet d’envoyer une alerte aux autres membres pour les prévenir d’un risque latent. Les autorités seront également prévenues si un partenariat a été conclu avec elles.

Pour en savoir plus sur le dispositif VVS.

L’accès de la police aux parties communes

Afin de laisser la police ou la gendarmerie intervenir librement dans les parties communes, il est nécessaire de présenter une résolution en assemblée générale de copropriété et votée à la majorité absolue. Cette autorisation transmise du syndic aux forces de l’ordre concernées facilite les interventions dans la résidence. Cette autorisation peut être révoquée à tout moment.

Quelle est la démarche pour sécuriser une copropriété ?

Une stratégie de sécurisation repose sur une réflexion globale. Il convient d’étudier, et de traiter en conséquence, tous les points d’accès potentiels. Le moindre point faible oublié et c’est l’ensemble du système sécuritaire qui prend l’eau.

Raison pour laquelle il est crucial de procéder à un audit de sécurité qui révélera les points à sécuriser. Qu’on parle d’immeuble, de maison, de site industriel, etc. il faut toujours aborder la sécurisation selon 3 zones :

- Zone 1 : le périmètre clôturé ;

- Zone 2 : zone tampon située entre le périmètre clôturé et le(s) bâtiment(s) ;

- Zone 3 : le bâtiment, ultime rempart défensif.

Zone 1

Certaines copropriétés n’ont aucune protection périmétrique car elles donnent directement dans l’espace public. D’autres dépendront des règles d’urbanisme en vigueur pour la parcelle concernée. Le but de cette clôture est de permettre un premier filtrage des entrées dans la résidence ; l’idée à retenir : on ne doit pas y entrer comme dans un moulin. Concernant le contrôle des points d’accès extérieur, notamment le portillon piéton, plusieurs possibilités :

- Clavier à code ;

- Interphone ;

- Vidéophone.

Zone 2

Cette zone permet de contrôler la progression d’une personne dans la résidence. Pour éviter les agressions, il importe d’éviter les zones où un malfaiteur peut se cacher pour attendre ou commettre son forfait. Par exemple, les végétations trop hautes, trop denses, sont à proscrire.

Dans cette optique, l’éclairage nocturne est fondamental. Les cheminements piétons doivent être entièrement balisés, les abords d’immeubles également.

Une vidéoprotection peut être installée pour son côté dissuasif ou pour permettre une identification des malfrats.

Attention : l’installation d’une vidéoprotection est règlementée, une demande d’autorisation devant être déposée à la préfecture dans certains cas. Un guide édité par la CNIL définit l’usage de caméras.

Zone 3

L’usage d’un sas est précieux pour filtrer les personnes évoluant dans l’enceinte de la copropriété. Une porte équipée d’un interphone à l’extérieur du bâtiment, une autre à l’intérieur du sas améliore le niveau de sécurité. Dans la même veine, les copropriétés avec ascenseur peuvent restreindre l’accès des étages aux seuls résidents grâce à un code ou une clé à activer sur le panneau de contrôle.

Les accès aux annexes secondaires doivent faire l’objet de la même rigueur : accès au parking, accès aux caves... La communication entre ces accès et le hall d’immeuble doit déboucher, dans l’idéal, dans le sas principal et non directement sur le palier du rez-de-chaussée.

En cas d’immeubles mitoyens, pensez également à vérifier les accès par les toitures.

Les limites d’une stratégie de sécurisation

Si la copropriété abrite des activités commerciales et/ou des professions libérales, les allées et venues sont plus complexes à filtrer. Les accès par code seront compromis, les interphones peu efficaces car les professionnels ouvrent la plupart du temps sans procéder à une vérification d’identité.

Dans l’idéal, l’absence de toute activité professionnelle dans l’immeuble est bénéfique à une sécurité efficace. Dans cet esprit, il peut s’avérer utile de modifier le règlement de copropriété afin d’y interdire l’exercice de toute activité professionnelle.

La présence d’un gardien ou d’un concierge

Cette présence humaine est bénéfique si la personne circule régulièrement dans la résidence pour repérer les non-résidents et les orienter vers la sortie si leur présence n’est pas justifiée.

Le concierge à l’ancienne, entendez présent sur place, sera plus zélé qu’un prestataire extérieur dont les missions et les horaires sont plus stricts.

Conclusion

Avant d’installer caméra, portail, sas et autres systèmes de protection plus ou moins coûteux, il est primordial d’établir un plan. Les actions disparates ne produisent pas les effets escomptés car il n’y a pas de stratégie globale, cohérente. Les coûts sont importants, il est donc essentiel de procéder avec méthode et clairvoyance.

La démarche de sécurisation d’une copropriété répond à une préoccupation réelle des résidents : tout le monde doit être sur la même longueur d’ondes. L’unanimité, c’est le prix à payer pour sécuriser une copropriété avec une efficacité redoutable.

Pour mener ce projet à bon port, les membres du conseil syndical doivent se montrer actifs et pédagogues. Relisez cet article sur le rôle du conseil syndical.

N’oubliez pas que la vigilance et l’entraide entre voisins sont les piliers d’une excellente stratégie de protection, les malfaiteurs prospérant sur l’indifférence généralisée. À méditer.