Parole d'expert: Didier Camandona, président de la Chambre FNAIM du Grand Paris

Publié le par Phoebe Palissier - mis à jour le

Didier Camandona, président de la Chambre FNAIM du Grand Paris

Deux ans après la promulgation de la loi Alur, considérez -vous que les syndics et leurs clients propriétaires aient intégré les changements que ce texte a apporté dans la vie des immeubles ?

« Absolument. On peut constater ces changements aujourd’hui et aucun professionnel ni aucune copropriété n’y est plus étrangère. Plusieurs mesures phares de la loi ALUR figurent désormais à l’ordre du jour des assemblées générales. On peut, à cet égard citer la mise en place d’un compte séparé au nom du syndicat des copropriétaires, pour les copropriétés de plus de 15 lots principaux, le fonds travaux, l’extranet permettant d’accéder à distance aux documents de la copropriété, ou encore l’externalisation des archives de la copropriété. Autant de changements dont les particuliers sont désormais bien au fait »

Au bout du compte, les changements proposés ont-ils été bénéfiques aux relations entre les propriétaires et leur syndic ?

« On peut l’espérer. Restaurer la confiance entre les copropriétaires et leurs syndics était l’un des principaux enjeux de la loi ALUR. Pour atteindre cet objectif, les honoraires des syndics sont désormais encadrés afin de réduire les coûts et ainsi optimiser le pouvoir d’achat des ménages. La loi impose depuis le 1er juillet 2015 l’utilisation par tous les professionnels d’un contrat de syndic type – le contrat « tout sauf » - qui énumère, de façon limitative, les prestations particulières. En outre, une mise en concurrence du syndic de copropriété est obligatoire tous les trois ans. Cela ne peut que renforcer les relations de travail par plus de transparence financière »

Au regard d’une mission de syndic, de gestionnaire de copropriété, devenue plus difficile et plus complète, considérez-vous que les honoraires soient à la bonne hauteur ?

« Malheureusement non. L'article 55 de la loi Alur prévoit que la rémunération des syndics est déterminée principalement de manière forfaitaire. Mais une rémunération complémentaire peut être perçue à l'occasion de prestations spécifiques. La liste en est définie par l'annexe 2 du décret n°2015-342 du 26 mars 2015. Or ne sont principalement visées que des situations particulières ou exceptionnelles. La part du complément demeure marginale et, comme vous l’avez précisé, notre mission est de plus en plus alourdie par la réglementation. Prenez l’exemple de « l’état daté », facturable au copropriétaires vendeur, mais dont le montant sera plafonné par un décret dont la parution est imminente »

Quels sont les atouts d’un syndic FNAIM pour une copropriété ?

« Depuis 1946, la FNAIM est la première Chambre syndicale de France pour les professionnels de l’immobilier et une marque de confiance pour les consommateurs. En effet, nos adhérents sont continuellement formés, informés, ont accès si besoin à un service juridique et travaillent avec les imprimés rédigés par des juristes et régulièrement mis à jour des dernières nouveautés législatives et réglementaires. De plus, une étude de chaque adhésion est faite systématiquement lors de laquelle nous nous assurons que le candidat dispose des aptitudes requises et d’une garantie financière suffisante à l’exercice de sa profession »