Parole d'expert : Henry Buzy-Cazaux, animateur des conférences au Salon de la Copropriété

Publié le

Henry Buzy-Cazaux qui anime les conférences au Salon de la Copropriété chaque année répond à nos questions sur l'édition 2017 et son programme : 

1- Pouvez-vous nous donner les temps forts de ce nouveau programme ?

Salon de la Copropriété - Henry Buzy-Cazaux

"Le programme éditorial du Salon de la copropriété 2017 ne fait évidemment pas l'impasse sur les grands classiques : les visiteurs ont besoin de réviser les fondamentaux, qu'il s'agisse du rôle du conseil syndical ou des critères de choix d'un syndic. Au-delà de ces sujets, la mise en œuvre de la transition énergétique fera l'objet de plusieurs débats et interventions. La copropriété reste le mauvais élève du développement durable et il est urgent de donner aux copropriétaires les moyens de valoriser leurs immeubles en les rendant vertueux au plan énergétique. La maîtrise des charges passera aussi par là. 

Cette année, le Salon sera également l'occasion de traiter de questions trop longtemps considérées comme mineures, alors qu'elles sont d'évidence importantes. Je pense à la fragilisation des copropriétés du fait des circonstances économiques et à leurs conséquences sur la gestion, ou encore à la pertinence de surélever les immeubles."

2- Vous allez notamment présider la journée dédiée aux professionnels. Quelles ont été les évolutions récentes accomplies par les syndics au service des copropriétés résidentielles?

"Les syndics professionnels ont gagné en rigueur et en valeur ajoutée depuis une dizaine d'années. Ils ont correctement intégré les nouveautés règlementaires qui se sont multipliées. Ils sont sans doute les professionnels de service à l'immobilier qui suivent le plus de formations continues, et ce avant même l'obligation de la loi ALUR qui vient d'entrer en vigueur.

Je crois néanmoins que sur deux sujets majeurs, le tournant de la modernité n'est pas encore pris, celui de l'accompagnement des copropriétés pour la transition énergétique des immeubles et celui du recours au numérique. Ils ont pris conscience des enjeux, mais doivent forcer l'allure. Les tables rondes qui leur sont réservées vont dans ce sens." 

3- Précisément, comment les syndics ont-ils pris le virage du digital ? Quels bénéfices pour le copropriétaires aujourd'hui ?

"Lorsque vous lisez les programmes des réunions professionnels, par exemple organisées par la FNAIM ou l'UNIS pour leurs adhérents syndics, lorsque vous voyez le succès croissant des manifestations de la FF2I ou du Salon RENT, vous ne pouvez douter qu'il se passe quelque chose dans la profession. Le digital a d'abord inquiété et les syndics se sont tenus à distance, avant de se lancer, aidés du législateur. Aujourd'hui, rares sont les professionnels qui ont des états d'âme.

En revanche, ils se demandent pour la plupart comment faire, quels outils choisir, jusqu'à quel point dématérialiser les pratiques et la relation client ou jusqu'où partager l'information avec les clients. Dans cinq ans, on ne reconnaîtra plus la profession : elle se sera transfigurée et modernisée. 

En tant qu'acteur de la formation, je crois y contribuer : les nouveaux entrants sont "digital native" et contamine les équipes des cabinets qui les recrute. J'inaugure d'ailleurs à la rentrée un master "Immobilier et numérique" à l'IMSI. Je compte le proposer sous forme executive pour les professionnels en activité." 

4- Vous allez animer une table ronde consacrée à la rénovation énergétique, sur le financement et la mise en œuvre. Des sujets qui peuvent paraître insurmontables aux copropriétaires ?  

"On a pas assez pris la mesure que sans solution financière les copropriétaires ne franchiraient pas le pas de la transition énergétique. On a pensé que l'élan du développement durable, l'envie de moderniser les immeubles et de les valoriser ou encore de faire baisser les factures énergétiques suffiraient comme moteurs. On avait négligé les circonstances économiques et sociales difficiles et la désolvabilisation des copropriétaires.

On avait oublié aussi que nos copropriétés sont majoritairement occupées par des ménages accédants, c'est-à-dire encore en train de rembourser leur banque pour payer leur logement. Ceux-là, plus jeunes et a priori plus concernés par l'avenir de la planète, sont partants pour la rénovation énergétique. Ils ont seulement un besoin impérieux d'ingénierie financière pour passer à l'acte. Les syndics comme les copropriétaires manquent de repères en la matière.

Ainsi, par exemple, nous en sommes à la quatrième vague de CEE (certificats d'économie d'énergie), et les trois premières sont quasiment passées inaperçues des bénéficiaires potentiels que sont les copropriétaires ou de leurs mandataires, les syndics! 

Je serais heureux que cette édition du Salon catalyse l'appropriation des solutions financières par les parties prenantes de la copropriété. En plus, les principaux acteurs du financement et du conseil au financement seront présents, par un stand ou pour une prise de parole devant les visiteurs." 

Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du Management des Services Immobiliers

Logo IMSI